Les staffs médicaux et techniques travaillent parfois ensemble, parfois côte à côte. Et, malheureusement, aussi parfois les uns contre les autres. Ce constat, maintes fois vécu, n’est pas le reflet d’un manque de compétence. Il est souvent la conséquence d’une répartition insuffisamment claire des responsabilités.
Les conflits de légitimité sont nombreux et ne proviennent pas le plus souvent d’un manque de compétence, mais bien plus d’un manque de clarification des responsabilités.
Quand le médecin craint que les impératifs sportifs conduisent à exposer prématurément le joueur, l’entraîneur redoute lui que les contraintes médicales provoquent une sous-sollicitation qui retarde le retour à la compétition et à la performance. Ces tensions sont normales. Elles résultent du fait que chacun poursuit un objectif légitime, mais dans des temporalités différentes.
Le problème n’est donc pas de savoir qui a raison.
Le problème est de savoir qui décide de quoi, à quel moment, à partir de quelles informations, selon quels critères et avec quelle responsabilité.
Chapitre 26 de Comprendre l’entraînement : « La blessure : de la dérive lexicale à une culture de la capacité d’adaptation ».
J’y défends l’idée que la blessure ne doit plus être pensée comme un événement isolé, mais comme une trajectoire adaptative, et que le retour du joueur s’organise autour d’un continuum allant du retour au mouvement jusqu’au retour à la performance.
Les questions qui suivent sont les piliers d’une méthodologie pour construire, au sein d’un club, une véritable culture commune entre le staff médical et le staff technique.
L’objectif n’est pas d’écrire davantage de procédures. Il est de faire émerger quelques principes partagés permettant à chacun d’exercer pleinement son expertise sans empiéter sur le champ de responsabilité de l’autre.
Elles doivent être suffisamment ouvertes pour susciter la réflexion, mais suffisamment précises pour conduire à des décisions concrètes.