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Responsable de la performance ou directeur de la performance ?

21/08/2026

Dans une entreprise, on parle volontiers de directeur financier, directeur des ressources humaines, directeur juridique, directeur commercial

Le terme directeur indique généralement que la personne ne se contente pas d’être responsable du bon fonctionnement de son domaine : elle participe à sa direction, c’est-à-dire à la définition des orientations, à l’allocation des ressources, aux arbitrages et souvent au comité de direction.

Dans le sport, notamment dans les clubs professionnels, on rencontre beaucoup plus facilement responsable de la performance, responsable de la cellule recherche, responsable data, responsable de la préparation physique, etc.
Et la nuance est importante.

Être responsable et diriger ne désignent pas exactement la même chose.

Le responsable est celui auquel on attribue un périmètre dont il doit répondre : il organise, coordonne, produit, contrôle. Le directeur dispose théoriquement d’une capacité supplémentaire : il détermine ou contribue à déterminer la direction à prendre.

On pourrait presque résumer ainsi :

  • Le responsable répond de ce qui est fait. 
  • Le directeur participe à décider de ce qui doit être fait.
C’est évidemment schématique, car les intitulés varient énormément selon les organisations. Mais cela devient particulièrement intéressant lorsqu’on regarde les staffs sportifs.

Un « responsable de la performance » peut avoir sous sa responsabilité les GPS, les tests, le monitoring, la préparation physique, la récupération, parfois la nutrition et la recherche… tout en n’ayant aucune autorité réelle sur les décisions qui déterminent la performance : contenu d’entraînement, organisation de la semaine, exposition des joueurs, retour à l’entraînement, choix de récupération, etc.

Il devient alors responsable d’une performance qu’il ne dirige pas vraiment.

À l’inverse, le directeur sportif, l’entraîneur principal ou parfois le directeur général disposent du pouvoir d’arbitrage sans nécessairement être explicitement désignés comme « responsables » des conséquences scientifiques, physiques ou médicales de ces décisions.

Les mots révèlent une dissociation entre autorité et responsabilité, et cette dissociation pose une vraie question organisationnelle :

Peut-on être réellement responsable d’un domaine si l’on ne dispose pas d’un pouvoir de décision proportionné à cette responsabilité ?

Dans un club professionnel, il me semblerait donc très intéressant de distinguer trois choses qui sont trop souvent confondues : expertise → responsabilité → autorité.

On peut être expert sans être responsable. 

On peut être responsable sans avoir l’autorité suffisante. 

Et on peut disposer de l’autorité sans posséder l’expertise correspondante.

Or une organisation devient fragile lorsque ces trois dimensions sont distribuées sans être explicitement articulées.

Cela rejoint d’ailleurs très directement une réflexion récente sur « Entraîneur – Médecin : qui décide quoi ? » : derrière la question des métiers, la vraie question pourrait finalement être « Qui sait ? Qui décide ? Qui assume ?»

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