Je ne crois pas.
Tout dépend de ce qu'on appelle entraîner.
Si entraîner, c'est s'engager à préparer méthodiquement une personne pour qu'elle réalise ses objectifs, c'est-à-dire s'engager à communiquer, échanger, ressentir, motiver, lire une situation, ajuster une décision, tenir compte de ce que l'athlète ne dit pas, alors l'IA restera une aide à la décision. Rien de plus.
Elle n'a pas réellement de prise sur une relation humaine, incarnée, située, évolutive et transitoire.
Si entraîner, c'est faire faire une séance recopiée ici ou là, alors oui, l'IA fera ça très bien.
Et tant mieux !
Ce n'était pas entraîner, c'était photocopier, recopier, réassembler.
De la répétition sans adaptation.
Le vrai risque n'est pas que l'IA remplace l'entraîneur.
C'est qu'on ait fini par confondre les deux depuis longtemps, et qu'on découvre, en creux, combien de "coaching" n'était que de la restitution.
Ces multiples expériences, diverses, qui ne s'enseignent pas, qui ne se numérisent pas, se partagent, se racontent. À celui qui écoute d'en faire quelque chose, ou pas.
Aucune IA ne fera tout ce travail-là à notre place.
Elle peut aider.
Il faudra juste que l'entraîneur apprenne à l'utiliser, ce qui impose qu'il ait travaillé à définir sa philosophie et sa méthodologie.
Et ça, ce n'est pas facile, même difficile.
Sinon, l'entraineur restera le gentil perroquet de contenus pixelisés qu'il a cru comprendre.